Mort & Anthropologie.

Soins palliatifs, Ritualité, Mémoire, Deuil, Suicide assisté, Ethique, Esthétique, Technologie, Corps, Fin de vie, Croyance, Pratique professionnelle, Crémation, Catastrophe,

Search
Tous les articles Picture

Thèse – Socio-anthropologie des socialisations funéraires juvéniles et du vécu intime du deuil : les jeunes face à la mort d’un(e) ami(e)

Résumé :

En se démarquant du paradigme du déni social de la mort, ce travail vise à approfondir des études récentes traitant du vécu intime du deuil et des socialisations provoquées par un décès (J-H. Déchaux, K. Roudaut). Cette recherche, basée sur un travail d’observation et 45 entretiens semi-directifs présentant 31 situations de décès, interroge les réactions de jeunes (de 18 à 30 ans) face à la mort d’un(e) ami(e). S’inspirant des concepts d’institué et d’instituant de R. Bastide, l’analyse porte sur les rites officiels (institués) et les autres socialisations funéraires (instituant) avec la fête comme figure emblématique.

La perspective socio-anthropologique proposée ici définit un modèle de compréhension des rapports à la mort où l’individu est au centre de multiples cercles d’appartenance et dans lequel la confrontation individuelle à la perte est questionnée au travers d’invariants anthropologiques permettant de dégager une anthropologie de l’intime du deuil. Cette thèse démontre le travail incessant du groupe de pairs et de ses membres pour mettre en sens la mort de leur ami(e). Opposés à des rites et des pratiques qu’ils jugent rigides (le mouvement de « déformalisation » décrit par N. Elias), les jeunes plébiscitent le spontané, le naturel, le hasard et la surprise comme des modes d’appréhension et de vécu de la perte. La question de l’intime est cruciale puisqu’il est possible d’y retrouver les phases classiques de deuil. Finalement, la mort d’un ami dévoile aux jeunes leur mortalité et leur fait endurer une épreuve qui se révèle être un véritable rite de passage (A. Van Gennep) vers l’âge adulte.

Documents